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Institutrice au Burkina-Faso
Blandine, cousine de l'abbé Goussa, témoigne de sa vie d'enseignante à Sobon, village proche de la paroisse de l'abbé au Burkina-Faso
(L'abbé Goussa a résidé à Bertry et participé à la vie de la paroisse en été 2010)

Blandine 1.jpg Blandine 1.jpg  

   Blandine et sa classe en décembre 2010

 

Blandine, 35 ans, a la charge d’une classe de 54 élèves en CP2 (cours préparatoire 2ème année)

 

Blandine 3.jpg Blandine 3.jpg  Elle fait classe tous les jours du lundi au samedi, excepté le jeudi, jour de repos.

Elle donne des cours comme langage, orthographe, calcul, lecture, morale … mais aussi activités pratiques de production. Conformément aux exigences de l’inspection de l’enseignement primaire, Blandine doit préparer chaque cours la veille et faire viser sa préparation par le directeur de l’école. Elle doit conformer son action aux lois en vigueur dans l’enseignement et être un exemple pour les enfants car "on éduque plus par ce qu’on est que par ce qu’on dit. "

Le Burkina-Faso est un pays rural sous-alphabétisé. L’instruction est un défi, une des priorités majeures des autorités politiques.

 

Dans la région où elle travaille, elle n’a pas toujours de l’eau potable, il faut aller la chercher à des kilomètres. Une de ses collègues a succombé l’an dernier à une fièvre typhoïde. Elle n’a pas d’électricité chez elle et prépare ses cours à la lampe tempête. Elle est loin d’un centre de santé et doit tenir sa propre petite pharmacie afin de pallier toute éventualité.

 

Les déplacements sont difficiles à cause du mauvais état de la route. Pendant la saison des pluies les pistes sont totalement inondées. Il est impossible de les pratiquer pendant quatre mois de l’année

Blandine 2.jpg Blandine 2.jpg  Blandine nous parle de ses difficultés :

 

Mes élèves ont entre 7 et 9 ans et j’ai souvent des difficultés pour me faire comprendre car ils ne parlent que leur langue maternelle.

 

L’insertion et l’adaptation au milieu n’est pas simple, j’aimerais tant être familière avec tous les gens du village de Sobon mais des barrières sociales de langues, de sexes, de religions me freinent.

 

Des parents ne croient plus à la réussite scolaire de leurs enfants et préfèrent les envoyer garder les bêtes aux champs, certains enfants font l’école buissonnière, d’autres fréquentent l’école coranique (pour les musulmans)

 

Blandine nous dit aussi ses joies :

J’ai hérité le goût pour l’enseignement de mon défunt papa qui était instituteur. J’en ai fait ma vocation afin de me mettre à ma manière au service de mon pays.

 

Ma joie sera d’autant plus grande quand je verrai mes anciens élèves devenir des personnalités.

 

Me frotter à toutes sortes de situations sociales, religieuses et culturelles m’enrichit dans mon parcours.

 

En deux ans j’ai travaillé avec des responsables et des collègues de divers horizons culturels du pays ; cela m’a beaucoup aidé car les mentalités sont différentes par l’origine socio-culturelle des personnes.
Article publié par Equipe Cathocambrai.com • Publié le Dimanche 09 octobre 2011 • 847 visites

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